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Indépendants et PME

Cahier des charges site internet : le modèle d'une page à remplir avant de demander un devis

Avant de signer pour un site, écrivez une page. Une seule. Elle départagera les devis mieux qu'un prix.

Par Steeve GuilleMis à jour le 8 min de lecture

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La nuit, dans la cuisine d'un gîte en pierre, une feuille manuscrite illisible, un crayon et une règle sur une table en chêne, près d'un ordinateur portable presque fermé à la lueur cyan : le cahier des charges site internet d'une page
Illustration

En bref

Pour un indépendant, un cahier des charges site internet tient sur une page, écrite avant de demander un devis : pages, textes, photos, langues, titulaire du nom de domaine, date de mise en ligne, retouches comprises et ce que vous emportez en partant. Envoyée à chaque prestataire, elle rend les devis comparables.

Sommaire7 parties · 8 min

Imaginons une propriétaire de gîte à Hamoir. Trois devis de site arrivent la même semaine : « un site vitrine complet », « une formule tout compris », « un site clé en main ». Elle choisit le moins cher.

Quelques semaines plus tard, elle découvre que les textes sont à écrire par elle, et que le néerlandais n'était pas prévu. Son adresse en .be, enfin : à quel nom est-elle enregistrée ? Elle n'en sait rien. Personne ne lui a menti : ces questions n'étaient écrites nulle part. Une page aurait suffi, pas trente.

Cahier des charges site internet : à quoi sert-il pour une petite entreprise ?

À recevoir des devis qui répondent à la même demande. Un cahier des charges, c'est la page où vous écrivez ce que vous attendez de votre site avant de demander un prix : ce que vous voulez, ce qui doit rester à vous, et pour quand.

Pour une création de site internet comme pour une refonte, ce n'est pas un document technique : c'est une liste de questions, avec vos réponses quand vous les avez. Un blanc n'est pas une faute. Il montre au prestataire où vous attendez son conseil.

Sans page écrite, trois devis répondent à trois questions différentes.

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La page vient avant le prix, pas à sa place. Comparer ensuite les devis reçus, sur la même durée et ligne par ligne, c'est l'objet du guide combien coûte un site internet, et comment comparer deux devis.

Ce soir, prenez une feuille A4. Une seule : le manque de place oblige à garder l'essentiel.

Votre projet en dix lignes : que faut-il décrire ?

Ce que vous faites, pour qui, et ce que le visiteur doit pouvoir faire. Les dix lignes, dans l'ordre où un prestataire en a besoin :

  1. Votre métier et votre zone : ce que vous faites, dans quelles communes, pour quels clients.
  2. Le geste attendu : appeler, demander un devis, réserver, passer vous voir.
  3. Les pages : accueil, services, réalisations, contact. Combien, lesquelles.
  4. Les textes : qui les écrit, vous ou le prestataire ?
  5. Les photos : les vôtres, une séance à prévoir, des images à acheter ?
  6. Les langues : le français seul, ou aussi le néerlandais, l'allemand, l'anglais ?
  7. Le formulaire : quelles questions il pose, et dans quelle boîte il arrive.
  8. Les fonctions en plus : prise de rendez-vous, réservation, carte, avis de clients.
  9. Le GSM d'abord : ce qu'on voit sans faire défiler, à commencer par votre numéro.
  10. Deux exemples : un site que vous aimez, un que vous n'aimez pas, et pourquoi.

La neuvième ligne paraît évidente. Elle ne l'est pas encore partout : en 2024, 71 % des sites d'entreprises wallonnes étaient adaptés à la consultation sur mobile, selon le baromètre 2025 de maturité numérique de l'Agence du Numérique (nouvel onglet) (rapport complet, page 142).

Remplissez ces dix lignes à la main, au crayon. Une ligne qui vous bloque, c'est votre première question au téléphone.

Ce que la loi demande d'afficher : qu'écrire dans le cahier ?

Une ligne suffit, sous forme de questions : qui rédige les mentions légales, la page sur la vie privée et, s'il en faut un, le bandeau des cookies ? Qui les pose, et qui les corrige le jour où votre adresse ou votre téléphone change ?

Leur contenu, lui, n'a pas sa place dans le cahier. Il suit les pages officielles du SPF Économie et de l'Autorité de protection des données, et il est détaillé dans les mentions légales obligatoires d'un site internet belge.

Si vous avez déjà un site, ouvrez-le sur votre GSM et cherchez ces pages. Introuvables ? C'est une ligne de plus pour le prestataire.

Nom de domaine, accès, fichiers : qu'est-ce qui doit rester à vous ?

Votre adresse, vos fichiers, et de quoi partir le jour où vous le décidez.

Selon DNS Belgium (nouvel onglet), qui gère les noms en .be, seul le titulaire d'un nom de domaine, la personne au nom de laquelle il est enregistré, peut transférer le site, gérer les adresses e-mail ou libérer le nom. Et c'est souvent le créateur du site qui l'enregistre.

Cinq questions à écrire, pour chaque prestataire :

  • Au nom de qui le nom de domaine sera-t-il enregistré : le vôtre, celui de votre entreprise, ou le sien ?
  • Les adresses e-mail liées à ce nom : qui les héberge, et vous suivent-elles si vous partez ?
  • Les fichiers du site, vos textes et vos photos : vous sont-ils remis en partant, et pourrez-vous faire modifier le site par quelqu'un d'autre ?
  • Les accès : que recevez-vous pour reprendre la main, et le code de transfert vous est-il remis sans condition ?
  • Le départ : avec quel préavis, et que resterait-il à payer ce jour-là ?

Si votre adresse existe déjà, commencez par retrouver le propriétaire de votre nom de domaine : deux minutes. Et je ne suis pas juriste : ces questions ne remplacent pas la lecture du contrat, elles disent quelles réponses y chercher.

Délai, validation, retouches : comment les fixer avant de commencer ?

En les faisant écrire avant la commande, avec leur point de départ. Un délai sans point de départ ne se vérifie pas.

  1. La date. Quand le site sera-t-il en ligne, et à partir de quoi se compte le délai : la commande, l'envoi de vos photos, ou la validation de la maquette, cet aperçu du site qu'on vous montre avant la mise en ligne ?
  2. Votre part. Que devez-vous fournir, et pour quand : photos, logo, accès à l'ancien site, textes si c'est vous ? Un délai qui attend vos photos avance au rythme de vos photos.
  3. Les retouches. Combien d'allers-retours sur la maquette sont compris ? Une correction (une faute, un lien cassé) compte-t-elle comme un changement d'avis (une page en plus) ?
  4. La validation. Qui dit « oui », et sous quelle forme ? Un e-mail daté, même court, se retrouve plus facilement qu'un « oui » lancé au téléphone.

Notez aussi la date voulue, et sa raison : une saison, une ouverture, une foire. Avec la raison, un prestataire sait tout de suite si elle tient.

Refonte : qu'ajouter quand un site existe déjà ?

Le cahier des charges d'une refonte de site internet reprend les lignes d'une création, plus quatre :

  • L'existant : l'adresse du site, qui l'héberge, qui en a les accès aujourd'hui.
  • Ce qui marche : les pages qui vous amènent des clients, à garder ou à remplacer par une page équivalente.
  • Ce que vous gardez : textes, photos, logo. Et ce qui doit disparaître.
  • La continuité : l'ancien site reste en ligne jusqu'au jour de la bascule, et vos adresses e-mail continuent de fonctionner.

La deuxième ligne reste souvent vide. En 2024, 59 % des entreprises wallonnes qui avaient un site n'en suivaient pas les performances, selon le même baromètre (rapport complet, page 144). Si votre site est relié à la Search Console de Google, ouvrez son rapport sur les performances : l'onglet « Pages » montre les clics que chaque page a reçus depuis les résultats de recherche Google, sur les trois derniers mois par défaut (aide de la Search Console (nouvel onglet)). Sinon, demandez ces chiffres à votre prestataire actuel.

Pour la quatrième, le déménagement a son ordre, e-mails compris : voyez le pas-à-pas pour déménager son site chez un autre hébergeur en gardant son nom de domaine.

Comment envoyer la même page à plusieurs prestataires ?

Par écrit, la même version pour tous, avec une seule consigne : répondre ligne par ligne.

  • Datez-la, puis envoyez-la par e-mail, à chacun séparément.
  • Demandez une réponse à chaque ligne, même « non compris ».
  • Une question, une réponse pour tous : si l'un d'eux demande une précision, envoyez-la aussi aux autres. Ils doivent chiffrer la même chose.
  • Une seule version : si elle change, renvoyez-la à tous, avec la nouvelle date.

Voici le modèle, à recopier ou à imprimer. Cochez chaque ligne dès que sa réponse est écrite.

Exemple gratuit : le cahier des charges site internet en une page

Cochez ce qui est déjà en place. Rien n'est envoyé.

Et si vous me l'envoyez ?

Chez moi, les textes du site, c'est mon travail. Écrivez quand même cette page avant de m'appeler, comme avant d'appeler n'importe qui. Quatre réponses, déjà :

  • Le prix est affiché sur le site, avant tout appel.
  • Les allers-retours sur la maquette : cinq sont compris, et une simple correction, une faute ou un lien cassé, n'en consomme aucun.
  • Les fichiers de votre site vous sont remis si vous partez.
  • Le nom de domaine, quand je l'achète pour vous, est déposé au nom d'Easy Studio, qui le détient pour vous : vous en avez l'usage exclusif, et il vous est transféré à première demande, dans les quinze jours, sans frais de ma part. Ce n'est pas la même chose qu'en être titulaire vous-même, ce que DNS Belgium juge toujours préférable. Le mandat de gestion du nom de domaine, version 1.5 du 29 septembre 2026, le dit noir sur blanc. Vous pouvez aussi acheter le nom vous-même : ce mandat ne vous concerne alors pas.

Easy Studio, c'est moi, Steeve Guille, à Aywaille. Ce que vous ne trouverez dans aucun de mes devis : une place promise dans Google, ou un chiffre d'affaires.

Demain matin, avant d'appeler qui que ce soit, remplissez la page. Si vous préférez la remplir à deux, c'est à ça que sert l'appel offert : vingt minutes au téléphone.

Information générale

Cet article donne une information générale, à jour au 1er octobre 2026. Il ne remplace pas l'avis de l'organisme compétent pour votre situation : en cas de doute, renseignez-vous directement auprès de lui (lien dans les sources ci-dessous).

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour créer un site internet ?

Tout dépend des pages, des textes, des photos et de la vitesse de vos retours : demandez à chaque prestataire de l'écrire. Chez moi, comptez deux à trois semaines depuis le premier appel. Le seul délai que je m'engage à tenir par écrit : sept jours ouvrables entre votre validation finale de la maquette et la mise en ligne.

Le cahier des charges est-il un document contractuel ?

Je ne suis pas juriste, et je ne vous dirai pas ce qu'il vaut devant un juge. En pratique, ce que vous signez, c'est le devis ou le contrat du prestataire. Demandez qu'il reprenne vos lignes, ou qu'il cite votre page et sa date : ce qui compte pour vous doit pouvoir se lire dans ce que vous signez.

Qui rédige le cahier des charges : vous ou le prestataire ?

Vous, pour l'essentiel : personne ne connaît mieux votre métier, vos clients et ce que vous voulez garder. Un prestataire peut vous aider par ses questions, ou vous envoyer son propre questionnaire. Gardez pourtant la main sur la version finale : c'est votre demande, pas encore sa réponse.

Qu'est-ce qu'un cahier des charges fonctionnel ?

On appelle souvent ainsi la partie qui décrit ce que le site doit faire, sans dire comment le construire : les pages, le formulaire, les langues, la prise de rendez-vous. Le « comment », c'est-à-dire l'outil, l'hébergement et la technique, revient au prestataire, qui l'écrit dans son devis. Pour un site d'indépendant, cette partie suffit en général.

Sources

  1. Agence du Numérique (Digital Wallonia), Baromètre 2025 de maturité numérique des entreprises wallonnes (nouvel onglet), 2025. Consulté le 1er octobre 2026.
  2. DNS Belgium, Qui détient la clé de votre entreprise en ligne ? (nouvel onglet), 2026. Consulté le 1er octobre 2026.
  3. DNS Belgium, Louer un nom de domaine ? (nouvel onglet), 2026. Consulté le 1er octobre 2026.
  4. Google, aide de la Search Console, Rapport sur les performances (résultats de la Recherche) : vue d'ensemble et configuration de base (nouvel onglet), 2026. Consulté le 1er octobre 2026.
  5. SPF Économie, Site d’entreprise et comptes sur les réseaux sociaux : données d’identification obligatoires (nouvel onglet), 2023. Consulté le 1er octobre 2026.
  6. Autorité de protection des données, Cookies et autres traceurs (nouvel onglet), 2023. Consulté le 1er octobre 2026.

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  • Un seul interlocuteur, du premier appel à la mise en ligne.
  • Aucun paiement et aucune carte à ce stade.
  • Le prix est affiché sur le site, avant tout appel.
  • Réponse le jour ouvrable même, ou le suivant.

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